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Retour aux Actualités 27/06/2018

Du stage au 1er emploi au Myanmar

Après avoir réalisé son stage en marketing en 3e année chez Legrand en Australie, Typhaine Gad a continué dans le même groupe pour son stage de 4e année mais sur un autre continent en allant au Myanmar (Birmanie),  une expérience conclue  par une embauche dans le même pays au sein des hôtels Pullman dans le groupe AccorHotels. Retour avec elle sur son stage, sa future entreprise et son pays d’accueil.

 

Ma future entreprise

L’entreprise pour laquelle je vais travailler est l’hôtel Pullman à Mandalay, au Myanmar. C’est un hôtel de luxe orienté tourisme d’affaires, qui appartient au groupe AccorHotels,  premier groupe hôtelier français et  sixième mondial  qui possède 4100 hôtels sur tous les continents. L’offre du groupe va du luxe (Raffles, Fairmont, Sofitel, Onefinestay, MGallery by Sofitel, So Sofitel, Grand Mercure, Novotel, The Sebel, Pullman, swissotel) à l’économique (Jo&Joe, ibis, ibis Styles, ibis budget, adagio access et hotelF1) en passant par le milieu de gamme (Mercure, Mama Shelter, Adagio). J’ai trouvé cette offre complètement par hasard, je dirais même que c’est l’offre qui m’a trouvée. J’ai rencontré le General Manager de l’hôtel grâce à une amie qui l’accompagnait pour aller visiter la CCI dont le bureau se trouvait au même  étage que l’entreprise dans laquelle je faisais mon stage. Nous avons discuté un moment, le General Manager étant australien et ayant moi-même réalisé mon stage de 3e année en Australie l’an dernier, nous avons échangé nos  cartes de visite pour garder contact et qu’il me fasse visiter l’hôtel une fois la construction  terminée.

Les missions

Mes missions seront quasiment identiques à celles que j’ai réalisées durant mon stage chez Legrand. Je vais être chargée de toute la communication marketing au sein du Pullman de Mandalay avec la gestion de toutes les plateformes digitales de l’entreprise ; développer, lancer et gérer le site web ; rédiger la newsletter ; chercher de nouvelles plateformes de communication ; analyser les données ; gérer le process photo au sein de l’hôtel etc.

L’embauche

Il y a quelques semaines, après avoir terminé la rédaction de mon mémoire, j’ai commencé à chercher un travail pour septembre dans le domaine du marketing ou de la communication digitale. J’ai cherché sur LinkedIn, sur tous les sites internet dédiés, et dans mon propre réseau. Je voulais tenter de trouver une offre en Australie, et je me souvenais du General Manager de l’hôtel qui avait peut-être des contacts à me recommander. Je l’ai contacté et il n’a pas pu trop m’aider, n’étant retourné en Australie que 2 fois en 18 ans, mais il m’a proposé un poste dans sa propre entreprise, ici à Mandalay, à deux pas de mon bureau actuel ! Nous nous sommes rencontrés pour en discuter et il m’a confirmé qu’il avait besoin de mes compétences dans son équipe. Je vais bientôt signer mon contrat pour rendre les choses officielles, et je commencerai mon poste en septembre.

L’apport du Global BBA

Pour être honnête, le Global BBA m’a tout apporté. Je voulais intégrer une école qui me permette d’avoir une formation généraliste avec beaucoup de périodes de stage pour pouvoir peaufiner mes choix et savoir dans quel domaine m’orienter à la fin du Bachelor. Je me suis donnée les moyens de partir à l’étranger, de découvrir différents métiers et différentes cultures. J’ai eu exactement ce que je voulais puisque sur toutes ces années passées à l’école, j’ai réalisé un stage de 6 mois à Los Angeles en Californie, un semestre universitaire en Allemagne, un second stage de 6 mois à Sydney en Australie, pour finir avec ce stage de 7 mois ici à Mandalay au Myanmar. Sur ces trois dernières années, j’ai donc passé davantage de temps en entreprise et à l’étranger qu’en France, à l’école, et c’est exactement ce que je voulais. Je dirais que l’enseignement à emlyon business school est intéressant dans la mesure où on nous forme à devenir des professionnels, à intégrer des notions, des façons d’agir et de penser. Nous apprenons en faisant, plutôt que d’apprendre des concepts et des cours par cœur. Je pense qu’on adopte une attitude beaucoup plus réfléchie avec la méthode du learning by doing que lorsqu’on apprend les choses par cœur, que l’on oublie d’ailleurs peu de temps après.

Les différences culturelles entre le Myanmar et la France

Les différences sont nombreuses et énormes. J’ai d’ailleurs écrit mon bachelor thesis (thèse de fin d’études) sur les relations interculturelles franco-birmanes dans le contexte professionnel. C’est une culture typique asiatique tout d’abord, avec beaucoup de similarités avec le reste de l’Asie mais avec certaines spécificités propres au Myanmar quand même.

C’est un pays particulier dans le contexte asiatique car il est sorti en 2012 d’une dictature militaire de 60 ans. La culture est encore très traditionnelle et puritaine, et  la religion prédomine dans tous les aspects de la vie, où les parents décident du mariage de leurs enfants, où le sexe avant le mariage et les marques d’affection en public sont prohibés…

Comme dans les autres pays asiatiques, ils portent beaucoup d’importance au concept de « garder la face », mais de façon beaucoup moins rigide. « Garder la face » est la raison pour laquelle ils utilisent la communication indirecte qu’ils n’osent jamais poser de questions lorsqu’ils ne comprennent pas, ou dire non directement lorsqu’ils ne peuvent pas ou ne veulent pas faire quelque chose. De même, il ne faut jamais s’énerver, perdre son calme ou crier au risque de perdre la face et donc toute crédibilité à leurs yeux.

Les birmans ont un « trait de caractère national », appelé Ah-nar-de. C’est le fait de ne rien vouloir imposer aux autres, de ne pas vouloir déranger, de ne pas forcer quelqu’un à faire quelque chose qui puisse le mettre dans l’embarras, de rester discret et plaisant. Par exemple, quand un plat est servi, il est poli de refuser plusieurs fois avant de se resservir. C’est une autre illustration de la communication suggestive, indirecte.

De même, la courtoisie usuelle au Myanmar surprend par le manque d’échange de civilités courantes. Ainsi les birmans ne se disent pas ‘‘bonjour’’, ‘’s’il vous plait’’, ‘’merci’’, ou  ‘‘au-revoir’’ au téléphone ou en face, mais entrent dans la conversation de but en blanc.  En revanche,ils utilisent ces civilités avec les étrangers. Tout le monde s’appelle « mon frère » ou « ma sœur », même deux inconnus qui se rencontrent.

Le Bouddhisme au Myanmar est extrêmement important, et c’est probablement le pays d’Asie du Sud où le bouddhisme est le plus répandu. 89% de sa population pratique avec zèle et ferveur cette  religion. Le bouddhisme est omniprésent dans le paysage birman : que ce soient les pagodes et les moines présents de partout y compris dans les évènements professionnels, les récolteurs de dons qui agitent leur bol à offrandes aux bords des routes… et même les « paya »  nichées dans des endroits reculés difficiles d’accès           

La plupart des birmans se considèrent d’abord comme étant bouddhistes avant d’être birmans, et certains abus de langage laissent entendre qu’un individu d’une autre religion n’est pas birman. Le bouddhisme est également marqué par  la crainte des nats (esprits) qui ont des spécificités et qui occupent des endroits particuliers comme des grottes, des étangs, des rivières etc. Les nats sont craints et adorés par des offrandes au même titre que le Bouddha. 

Autre point, les birmans sont réputés pour être assez superstitieux et craintifs, voire même paranoïaques. Ils ont  bon nombre de superstitions qui paraissent burlesques aux yeux des personnes plus rationnelles. Mais comme je l’ai  expliqué plus tôt : les birmans sont plus émotionnels et subjectifs que rationnels. Par exemple, selon eux il ne faut pas se couper les ongles à la nuit tombée au risque d’attirer les esprits dans la maison.

Au Myanmar, la ponctualité est une façon de montrer le respect, les gens sont en général à l’heure. Presser quelqu’un est en revanche assez mal vu dans la culture bouddhiste. Il faut faire attention à ne pas paraître pressé ou stressé auprès des birmans, au risque de perdre encore plus de temps. Même si le temps presse, il ne faut pas le montrer et rester poli et calme.

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